La liturgie de l’Église nous donne, en ce deuxième dimanche du Carême, un Évangile que plusieurs d’entre nous connaissent bien. Les nombreuses images et les symboles utilisés par l’évangéliste Matthieu pour traduire l’extraordinaire expérience spirituelle vécue par Pierre, Jacques et Jean étaient familiers aux croyants de son époque. Mais il faut l’avouer, ces images et symboles, puisés dans l’Ancien Testament, nous sont souvent étrangers aujourd’hui. Paradoxalement, ce qui ressort comme essentiel dans le récit de Matthieu n’est pas la mise en scène du récit, mais plutôt une parole : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
De cette expérience spirituelle sur la montagne, les apôtres ont tiré une certitude qui ne les a jamais quittés : Jésus est le Messie, et il faut l’écouter. Mais que signifie vraiment « écouter le Christ » ? Se mettre à son écoute est sans doute plus facile à dire qu’à vivre. Écouter, au sens profond, demande de se rendre disponible, de laisser tomber les défenses, de consentir à être touché, car « écouter » engage tout notre être et pas seulement les oreilles et le cerveau.
Les apôtres ont compris plus tard qu’écouter le Christ, ce n’est pas rester immobile dans une contemplation qui rassure : « Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » C’est avant tout, se mettre en mouvement. C’est accueillir une parole qui transforme, qui appelle et qui envoie. Nos rassemblements et nos temps de prière personnels sont des haltes où notre cœur s’ouvre, où la Parole du Ressuscité peut nous rejoindre. Mais notre mission est ailleurs. Comme les trois disciples, nous sommes invités à descendre de la montagne pour aller vers nos frères et sœurs. C’est là que se trouve notre mission : dans notre famille, à l’école, au travail comme dans nos loisirs. Bon Carême, bon printemps spirituel.
Yvan Demers, coordonnateur
Secteur pastoral de Bellevue