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Aujourd’hui, l’Évangile du Bon Pasteur nous rappelle que le leadership chrétien est essentiellement un service. Jésus se présente comme la porte et le berger qui donne sa vie pour ses brebis. Le vrai leader n’est pas celui qui accumule pouvoir et richesse, mais celui qui se dévoue pleinement aux autres. Le texte souligne quatre qualités essentielles : la compétence — non seulement technique, mais spirituelle —, l’engagement — le don généreux du temps, des talents et des ressources —, la consécration — être mis à part pour servir Dieu — et la conversion — la capacité à pardonner et à se laisser transformer.
Connaître son peuple constitue un autre pilier du leadership évangélique. "Connaître" dépasse la simple familiarité : c’est appeler par son nom, partager les joies et les peines, comprendre les projets et les fragilités. Dans un Secteur pastoral comme le nôtre, avec plus de mille catholiques, seul un quart environ participe régulièrement à la messe dominicale. Beaucoup restent éloignés et ne viennent que pour un baptême, un mariage ou des funérailles. Ce constat nous interpelle : où sont nos frères et sœurs ? Qui ira à leur rencontre ?
La vocation de pasteur revient à chacun de nous. Le défi concret est simple et exigeant : aller vers l’autre. Un appel téléphonique, une visite, une invitation à la messe, un geste de solidarité peuvent ranimer la foi et tisser des liens. De petits actes de présence et d’écoute incarnent le visage du Bon Pasteur.
Ainsi, être leader chrétien, c’est conjuguer le savoir-faire et le cœur, l’action et l’exemplarité. C’est ouvrir la porte pour que d’autres entrent et trouvent la vie en abondance. Que cette semaine, chacun prenne l’initiative d’un geste concret pour rejoindre une personne éloignée de l’Église. En agissant ainsi, nous répondons à l’appel du Bon Pasteur et devenons, à notre tour, guides et serviteurs authentiques.
Tobias Bekong, vicaire
Secteur pastoral de Bellevue
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La liturgie de ce dimanche nous offre deux textes bibliques qui mettent en lumière un pilier du christianisme naissant. Dans les Actes des Apôtres, on découvre une communauté où « tout est mis en commun ». Dans l’Évangile, saint Jean nous montre le Ressuscité présent au milieu des apôtres rassemblés, le premier jour de la semaine. Deux scènes, un même message : la foi prend vie quand nous sommes ensemble.
Dans la Bible, les apparitions du Ressuscité à une seule personne sont plutôt rares. Souvent, Jésus se manifeste à un groupe. Même quand la peur domine, même quand les portes sont verrouillées, même quand les doutes paralysent, sa présence surgit dès que deux ou trois se réunissent en son nom. C’est là que tout commence.
Les premières communautés chrétiennes l’avaient compris avec force. Petites, fragiles, parfois persécutées, elles savaient que la mise en commun n’était pas un idéal lointain, mais une nécessité vitale. Partager les biens permettait de nourrir les repas communautaires, de soutenir les malades, d’aider les plus pauvres. C’était un véritable filet social avant l’heure. Leur priorité n’était pas de former plusieurs groupes, mais de se rassembler, de s’unir, de devenir un seul corps. Dans cette logique, garder ses biens pour soi n’avait plus de sens. Leur manière de vivre proclamait : « Nous sommes une famille. Nous sommes l’Église. »
Aujourd’hui, nos communautés chrétiennes ressemblent étrangement à celles des premiers jours du christianisme : petites et fragiles.  Est-il utopique maintenant de parler de mise en commun de nos ressources, comme le suggère la première lecture de ce dimanche ? Je ne le crois pas. Au contraire, c’est une nécessité vitale et il est plus urgent que jamais d’y croire. Car ce signe de la présence du Ressuscité ne surgit pas comme par magie : il demande des cœurs ouverts, prêts à accueillir ce message et confiants pour s’y engager. Comme les apôtres autrefois, nous serons appelés à vivre des transformations importantes dans notre manière de faire Église. N’ayons pas peur, osons la confiance ! Jésus est vivant et il marche avec nous. Bonne semaine !
Yvan Demers, coordonnateur
Secteur pastoral de Bellevue