J’ai longtemps cherché à être valorisé à travers des réalisations. À croire que ma valeur dépend de ce que je fais ou de mon attitude face aux autres. Ma satisfaction dépendait alors du regard des autres, ou de ma performance, de ma volonté, et de circonstances diverses, parfois même hors de mon contrôle. Je croyais alors que tout cela puisse m’aider à répondre à la question : qui suis-je vraiment ?
Or, j’avais tout faux. Et c’est lors d’une expérience spirituelle que cela m’a rebondi en pleine figure : ce n’est pas dans le faire que je trouverai qui je suis, mais dans l’être. Dieu m’aime parce que je suis. Point. Et je me sais aimé parce qu’il est. Tout simplement. Cela semble trop facile à croire. Mais je dirais que cela a été plutôt violent pour moi. Tout ce temps passé à vouloir devenir quelqu’un, pour finalement prendre conscience que je n’avais rien à faire pour le mériter ?
L’apôtre Paul a parfois le don de nous faire croire qu’il est prétentieux. Il ne se gêne pas pour affirmer qui il représente aux yeux du Seigneur. On dirait même que cela manque d’humilité. Mais maintenant, je comprends. Moi aussi, j’ai du prix aux yeux du Seigneur. Je suis sanctifié dans le Christ Jésus. Je suis enfant de Dieu. Voici qui je suis. Et voici qui nous sommes. Soyons-en infiniment fiers !
Jean-François Hamel, agent de pastorale
Secteur pastoral de Bellevue
En cette fête du Baptême du Seigneur, la liturgie nous offre une page d’Évangile riche en symboles et en images, pour dire des réalités spirituelles que nos yeux, à eux seuls, ne peuvent saisir. Ces symboles parlaient profondément aux contemporains de Jésus. C’est pourquoi ce passage de l’Évangile selon saint Luc dépasse largement le simple récit d’un événement : il devient une véritable catéchèse, un enseignement précieux sur l’identité du Nazaréen. Luc nous invite à regarder plus loin que le bout de notre nez…
Une image, en particulier, retient mon attention : « Voici que les cieux s’ouvrirent. » À l’époque de Jésus, on évoquait les « cieux fermés » pour exprimer l’impression que Dieu demeurait silencieux face aux appels de son peuple. Mais au moment où Jésus descend dans les eaux du Jourdain, l’évangéliste souligne que « les cieux s’ouvrent ». Par ce geste, la communication entre le ciel et la terre se trouve rétablie en Jésus. Celui qui sort de l’eau n’est pas seulement Jésus de Nazareth ni un prophète parmi d’autres : il est le Fils bien-aimé du Père. « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »
Avec le baptême de Jésus, nous achevons aujourd’hui le temps liturgique de Noël. Après les anges de la nuit de Noël et l’étoile guidant les mages, Dieu intervient à nouveau dans notre histoire pour révéler l’identité profonde de son Fils. On peut donc affirmer, sans se tromper, que Noël, l’Épiphanie et le Baptême du Seigneur forment un tout indissociable : trois fêtes intimement liées, trois moments qui se répondent et s’éclairent mutuellement.
Rappelons-nous que le mot « baptême » vient d’un terme grec qui signifie « plonger ». Ainsi, on peut dire que Noël, l’Épiphanie et le Baptême de Jésus sont comme trois plongées successives de Dieu dans notre histoire, trois immersions de Dieu dans notre humanité. Que ce Dieu qui plonge ainsi dans nos vies, comme dans la vie du monde, nous accompagne tout au long de la nouvelle année qui commence.
Yvan Demers, coordonnateur
Secteur pastoral de Bellevue