Oser l’Évangile !

Aujourd’hui, l’Évangile que nous propose la liturgie de l’Église se distingue des autres : il nous offre une présentation détaillée des douze apôtres que Jésus appelle pour l’accompagner dans sa mission.  En le relisant, une image m’est venue spontanément : celle de la présentation d’un nouveau Conseil des ministres. À la fin du mois d’avril, lors d’une cérémonie officielle, Mme Fréchette, nouvelle première ministre du Québec, a présenté chacune et chacun de ses ministres. Pour ces personnes soigneusement choisies, elle a confié un ministère, une mission.  Il est intéressant de se rappeler que le mot ministère vient du latin ministerium, qui signifie servir ou service. Dans l’Évangile de ce dimanche, il y a quelque chose de semblable, presque solennel : Jésus appelle douze hommes et leur confie une mission précise, celle de faire rayonner son message dans tout Israël.

Jésus est profondément touché par la foule, car elle lui apparaît désemparée et sans berger. Cela nous rappelle que, même en son temps, il n’a pas eu la vie facile. Lui et ses disciples ont dû composer avec des courants spirituels variés, des tensions et des remises en question au sein même de leur tradition religieuse.  Plusieurs siècles plus tard, force est de constater que les choses n’ont pas tellement changé. Nous aussi, nous devons naviguer entre des courants sociaux et spirituels multiples, des interrogations dans la société et dans notre Église.

Cet Évangile m’interpelle particulièrement, car il éclaire la mission que le Seigneur me confie aujourd’hui. Parfois, je suis tenté de revenir à ce que je connais, à choisir le confort et la sécurité. Pourtant, le Seigneur m’invite à oser l’Évangile sur des sentiers inconnus.  Heureusement, je ne suis pas seul.  Dans le Secteur pastoral de Bellevue, nous sommes privilégiés.  De nombreux bénévoles, dans chacune de nos paroisses, réfléchissent ensemble, se mobilisent et prennent courageusement des initiatives pour faire rayonner la personne et le message de Jésus.

Suivre les pas du Christ demandera toujours des ajustements dans nos priorités personnelles et ecclésiales. Alors, que devrons-nous changer, transformer ou adapter pour l’annonce de l’Évangile en 2026 ?  Ayons confiance, car le Christ nous devance sur la route !

Yvan Demers, coordonnateur
Secteur pastoral de Bellevue

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Aujourd’hui, la fête du Corps et du Sang du Christ nous rappelle une vérité simple et profonde : l’Eucharistie n’est pas seulement un souvenir. C’est une présence. Dans l’Évangile, Jésus l’affirme avec force : sa chair est une vraie nourriture, son sang une vraie boisson. Autrement dit, Dieu ne nous parle pas seulement par des mots ; il nous rejoint par un signe sacramentel.
Pourquoi Dieu nous donne-t-il ce sacrement ? Premièrement, pour rester avec nous jusqu’à la fin des temps. Deuxièmement, pour nous donner la vie, une vie pleine et durable. L’Eucharistie devient alors un rendez-vous vital : recevoir le Corps du Christ, c’est demeurer en lui, et c’est recevoir une vie qui va plus loin que le moment présent.
Pourtant, il arrive que nous ne ressentions pas toujours une transformation intérieure. Cela peut surprendre : si c’est le Christ qui se donne, pourquoi ne sommes-nous pas changés davantage ? Une réponse possible se trouve dans notre manière de recevoir. Si nous abordons l’Eucharistie avec une attitude seulement “matérielle”, sans foi, nous risquons de ne pas en comprendre la profondeur. On peut être face à un don immense et ne pas l’accueillir.
On peut regarder une réalité sainte sans y entrer. Comme dans une histoire : un homme casse sa dent en mordant un pain dur, et il accuse le pain. L’autre lui répond : ce n’est pas seulement le pain qui est en cause, c’est aussi la dent.  L’image du “pain” et de la “dent” aide à réfléchir : il ne suffit pas que le pain soit bon ; il faut aussi une capacité intérieure à le recevoir. De la même façon, l’Eucharistie ne perd rien de sa puissance : c’est notre foi qui peut être trop fragile, trop distraite, trop fermée.
Cette fête peut donc être une invitation : prier avant de communier, se préparer intérieurement, et demander une foi plus vivante. Alors, peu à peu, nous découvrirons que nous ne faisons pas seulement un geste religieux : nous devenons vraiment le Corps du Christ, et notre vie en est transformée.
Abbé Tobias Bekong, vicaire
Secteur pastoral de Bellevue