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La liturgie de ce dimanche nous offre deux textes bibliques qui mettent en lumière un pilier du christianisme naissant. Dans les Actes des Apôtres, on découvre une communauté où « tout est mis en commun ». Dans l’Évangile, saint Jean nous montre le Ressuscité présent au milieu des apôtres rassemblés, le premier jour de la semaine. Deux scènes, un même message : la foi prend vie quand nous sommes ensemble.
Dans la Bible, les apparitions du Ressuscité à une seule personne sont plutôt rares. Souvent, Jésus se manifeste à un groupe. Même quand la peur domine, même quand les portes sont verrouillées, même quand les doutes paralysent, sa présence surgit dès que deux ou trois se réunissent en son nom. C’est là que tout commence.
Les premières communautés chrétiennes l’avaient compris avec force. Petites, fragiles, parfois persécutées, elles savaient que la mise en commun n’était pas un idéal lointain, mais une nécessité vitale. Partager les biens permettait de nourrir les repas communautaires, de soutenir les malades, d’aider les plus pauvres. C’était un véritable filet social avant l’heure. Leur priorité n’était pas de former plusieurs groupes, mais de se rassembler, de s’unir, de devenir un seul corps. Dans cette logique, garder ses biens pour soi n’avait plus de sens. Leur manière de vivre proclamait : « Nous sommes une famille. Nous sommes l’Église. »
Aujourd’hui, nos communautés chrétiennes ressemblent étrangement à celles des premiers jours du christianisme : petites et fragiles.  Est-il utopique maintenant de parler de mise en commun de nos ressources, comme le suggère la première lecture de ce dimanche ? Je ne le crois pas. Au contraire, c’est une nécessité vitale et il est plus urgent que jamais d’y croire. Car ce signe de la présence du Ressuscité ne surgit pas comme par magie : il demande des cœurs ouverts, prêts à accueillir ce message et confiants pour s’y engager. Comme les apôtres autrefois, nous serons appelés à vivre des transformations importantes dans notre manière de faire Église. N’ayons pas peur, osons la confiance ! Jésus est vivant et il marche avec nous. Bonne semaine !
Yvan Demers, coordonnateur
Secteur pastoral de Bellevue
La Résurrection du Christ est au cœur de notre foi : elle affirme que la vérité et la justice ne peuvent être définitivement écrasées. Le Vendredi saint nous a montré la face la plus sombre de l'histoire humaine — trahison, mensonge, condamnation d'un innocent — mais Pâques renverse ce récit. Jésus ressuscite ; la vérité se relève.
Cette victoire n'est pas seulement un événement passé à contempler. Elle porte un message pour notre vie quotidienne. D'abord, elle nous offre une assurance profonde : même lorsque tout paraît perdu — face aux calomnies, aux injustices, aux abandons — la Résurrection nous rappelle que la souffrance n'est pas la fin. La vérité a une force qui dépasse les coups apparents du mal.
Ensuite, Pâques nous appelle à la persévérance morale. Nous sommes invités à ne pas renoncer à la vérité ni à la justice, même lorsque leur défense est coûteuse. Faire le bien, témoigner avec courage, défendre les faibles — ce sont des manières concrètes de vivre la résurrection chaque jour.
Enfin, la joie pascale transforme notre regard. Comme l'enfant qui découvre l'histoire, nous sommes invités à passer de la tristesse à la joie. Cette joie n'est pas naïve : elle reconnaît la douleur du monde, mais refuse de la laisser décider de notre avenir. Elle nous pousse à agir avec espérance, à croire au « soleil » même quand il est caché.
En ce dimanche de Pâques, que notre réponse soit simple et ferme : ne pas perdre courage, vivre comme des ressuscités, et laisser la vérité et l'amour orienter nos actes. Ainsi, nous témoignons que le dernier mot appartient à la vie et non à la mort. Alléluia, Christ Est Ressuscité !
Abbé Tobias Bekong, vicaire
Secteur pastoral de Bellevue