Image22Mars
En ce cinquième dimanche de Carême, la liturgie de l’Église nous présente le dernier des sept miracles que l’on trouve dans l’Évangile selon saint Jean. Lazare est au tombeau depuis quatre jours. Tout semble terminé. L’odeur de la mort est dans l’air, et avec elle la résignation et la peine. Jésus arrive. Il ne nie pas la douleur de ses amis. Il ne contourne pas la mort. Il pleure. Après avoir demandé que l’on enlève la pierre qui fermait le tombeau, il ordonne à Lazare de sortir. Il ajoute ensuite une phrase étonnante : « Déliez-le et laissez-le aller. »  Il me semble qu’on aurait pu s’attendre à ce que Jésus demande quelque chose, comme « Prenez soin de lui ou donnez-lui à boire et à manger ».  Cet ordre : « Déliez-le et laissez-le aller. » résonne en moi comme un appel qui dépasse largement l’événement extraordinaire de Béthanie. Ne serait-ce pas là une mission pour tous les baptisés dans le Christ ?
Jésus ramène Lazare à la vie, mais il ne le délie pas. Bien qu’il donne la vie, il confie à ses amis le soin de le libérer de ses liens.  Dans nos vies, il existe des liens qui nous entravent de l’intérieur : des carapaces et des clôtures que nous érigeons pour nous protéger de soi et des autres et qui, sans que nous le voulions, nous orientent vers le fini plutôt que l’infini, vers la mort plutôt que la vie.  Délier et laisser aller : voilà bien une tâche à accomplir d’abord envers nous-mêmes, puis envers celles et ceux qui nous entourent. Aujourd’hui, quelles sont les blessures anciennes qui me collent à la peau ? Quel pardon ai-je du mal à offrir ? Quel partage m’est difficile à envisager ? Quelle ouverture je me refuse à moi-même ou à l’autre ?
Nous connaissons tous quelqu’un qui vit debout… mais encore lié. Et peut-être que moi-même, j’avance dans la vie avec des bandelettes invisibles. Pâques se profile à l’horizon. Par sa Résurrection, le Christ s’est définitivement libéré des liens qui le retenaient dans la mort. C’est cet avenir qu’il nous promet. Ayons confiance, Jésus nous conduit.  Commençons dès maintenant à marcher vers cette liberté !  Bonne fin de Carême, et bon printemps spirituel !
Yvan Demers, coordonnateur
Secteur pastoral de Bellevue
Images15Mars
En ce 4e dimanche de Carême, l'Évangile de Jean nous rappelle la guérison de l'aveugle-né. Ce récit résonne profondément dans nos cœurs, car il évoque la cécité spirituelle qui nous touche tous. L'aveugle, dont la vue a été restaurée par Jésus, symbolise notre besoin de lumière intérieure.
La cécité spirituelle peut prendre plusieurs formes : l’orgueil, le scepticisme ou simplement l’indifférence. Comme les Pharisiens, nous avons parfois l'illusion de voir clairement, tout en restant aveugles à notre besoin de salut. Jésus nous appelle à reconnaître cette cécité. Il dit : « Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. »
En cette période de Carême, soyons francs face à notre condition. Notre lutte contre la cécité spirituelle commence par une admission de notre ignorance. Reconnaître que nous avons besoin de Dieu est le premier pas vers notre guérison. Il ne s'agit pas seulement de remplir des doctrines, mais de vivre une relation authentique avec le Christ.
L'histoire de l'aveugle-né est aussi un appel à la transformation. La rencontre avec Jésus ne concerne pas seulement la guérison physique, mais aussi une transformation intérieure, un passage d'une vie de désespoir à une existence pleine d'espoir et de témoignages. Comme le dit Saint Augustin, « Seigneur, fais que je vois », chaque instant de prière est une occasion de demander cette guérison.
Nous sommes tous appelés à être des témoins de la lumière. Quand nous sommes guéris, nous ne devons pas rester silencieux. Entrons en contact avec ceux qui souffrent de la cécité spirituelle dans notre monde. Comme cet homme guéri, partageons notre expérience avec Dieu et illuminons le chemin pour d'autres.
Que cette saison de Carême soit un moment de repentance, de guérison et de lumière. Nous avons tous besoin d'être éclairés par le Christ pour voir le monde tel qu'il est vraiment.
Abbé Tobias Bekong
Secteur pastoral de Bellevue