La liturgie de ce dimanche nous offre des textes qui appellent au courage, à la persévérance et surtout, à la confiance. L’Évangile selon saint Matthieu résonne comme un écho aux épreuves traversées par sa communauté chrétienne, installée au cœur de la grande ville de Jérusalem. Lorsque Matthieu rédige son Évangile, environ cinquante ans après la mort et la résurrection du Christ, cette jeune communauté vit une période de grande turbulence : persécutions, harcèlement, exclusion. Suivre le Christ, à cette époque, revient à mettre sa vie et celle de sa famille en danger. Dans ce contexte, la parole de Jésus prend une dimension prophétique et d’un réalisme saisissant : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »
C’est une chose de reconnaître Jésus comme le Fils du Dieu vivant. C’est une autre histoire de le suivre et de devenir son disciple. Trop souvent, nous aimerions que l'Évangile soit conforme à nos projets et que son message ne bouscule pas trop notre confort. Nous aimerions que le Christ se manifeste sur les chemins que nous avons nous-mêmes balisés. Pour comprendre la parole de Jésus, il faut, comme le dit si bien saint Paul dans la deuxième lecture, renouveler notre façon de penser pour discerner qu’elle est la volonté de Dieu. Renoncer à soi-même ne signifie pas se nier, se laisser écraser par les circonstances, mais plutôt accepter de ne plus se laisser guider uniquement par les modes et les logiques de ce monde.
L’Église de chez nous est en pleine mutation. Un peu partout, on explore de nouvelles façons de faire Église. Cela suppose de renoncer parfois à des bâtiments, à certaines pratiques, et aussi à un confort auquel nous nous étions habitués. Nos paroisses sont maintenant regroupées en Secteur pastoral, guidées par une équipe de laïcs et soutenues par l’abbé Justin et l’abbé Tobias. Ce modèle pastoral aurait été impensable il y a quelques années. L’Esprit Saint n’a donc pas fini de nous surprendre, car la marche à la suite du Ressuscité n’est pas balisée selon nos pensées et notre logique, mais par la pensée et la logique de Dieu. Et si renoncer à soi-même, c’était tout simplement faire confiance à Dieu pour avancer ? Bonne semaine !
Yvan Demers, coordonnateur
Secteur pastoral de Bellevue
Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus pose une question qui revient aussi pour nous : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Avant cette question, il demande d’abord : « Que disent les gens ? » Les disciples rapportent alors plusieurs opinions. Chacun a sa manière de voir Jésus selon ce qu’il a entendu ou ce qu’il a constaté : un prophète, un homme très grand, un guérisseur, un envoyé de Dieu. Mais Jésus ne s’arrête pas aux réponses « de l’extérieur ». Il veut autre chose : il cherche la vérité dans le cœur. En réalité, les opinions peuvent changer. Les modes religieuses, les rumeurs, les interprétations aussi. Cependant, la question que Jésus adresse à chacun demeure : Qui est Jésus pour toi ?
Dire « Qui est Jésus ? » n’est pas une discussion générale. C’est une démarche personnelle. La foi, ce n’est pas seulement répéter une phrase. C’est reconnaître en Jésus quelqu’un qui nous rejoint : quelqu’un qui nous aime, qui nous relève, qui nous guide. Saint Pierre répond avec force : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Sa réponse ne vient pas uniquement d’informations. Elle vient d’une relation réelle avec Jésus, de la manière dont Jésus a transformé sa vie et a éclairé son cœur.
Alors, une question nous est adressée aujourd’hui : Jésus est-il pour moi un nom dans la religion, ou bien une présence ? Un ami ? Un Sauveur ? Une personne à qui je peux parler ? Si Jésus est vraiment le Christ pour nous, alors notre vie portera quelque chose de cette vérité : plus de lumière, plus de pardon, plus de confiance, plus de charité.
En ce dimanche, prions simplement : « Seigneur Jésus, apprends-moi à te connaître et à te dire vrai ».
Abbé Tobias Bekong, vicaire
Secteur pastoral de Bellevue