Le Souffle qui change tout

Nous arrivons au terme du Temps pascal, et la liturgie de l’Église nous invite à faire mémoire de la fête de la Pentecôte : la fête du don de l’Esprit Saint à toute l’humanité. Deux textes nous sont proposés aujourd’hui, deux manières très différentes d’évoquer cet événement extraordinaire.  Dans la première lecture, saint Luc, auteur des Actes des apôtres, adopte un langage très imagé : le vent violent et le feu sont des symboles qu’il emprunte à l’Ancien Testament pour rejoindre la sensibilité de ses contemporains. Dans l’Évangile, saint Jean se fait plus intérieur, plus mystique. Il parle du Souffle, pour évoquer que l’Esprit Saint est une présence qui vivifie, qui renouvelle et qui transforme de l’intérieur.

La Pentecôte est une réalité spirituelle que l’on ne peut ni photographier ni décrire parfaitement. Pourtant, ses effets sont bien visibles. Les apôtres, autrefois timides et craintifs, deviennent capables d’annoncer l’Évangile avec audace et courage. Ils découvrent que l’Esprit Saint ne se laisse pas enfermer dans une seule manière de penser ou d’agir. Il donne à chacun des dons différents pour le bien de tous.  C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous considérer comme propriétaires des dons de l’Esprit. Faire le bien n’est pas réservé aux chrétiens. L’Esprit de Dieu agit où il veut, quand il veut et en qui il veut. Nous sommes donc appelés à reconnaître et à accueillir le bien qui se fait autour de nous, même lorsqu’il ne porte pas explicitement une étiquette chrétienne.

À l’invitation de l’Évangile de saint Jean, nous sommes invités à prendre conscience que l’Esprit Saint ne travaille pas en dehors de ce que nous sommes. Il rejoint nos talents, nos projets, nos rêves. Comme le souffle qui nous permet de vivre, il habite l’intérieur même de notre être.  En cette semaine de Pentecôte, prenons conscience de ce Souffle qui nous habite et qui nous anime. Demandons la grâce de le laisser agir en nous, pour le bien de notre famille, de notre communauté et de notre paroisse.  Bonne fête de la Pentecôte !

Yvan Demers, coordonnateur
Secteur pastoral de Bellevue

Aujourd’hui, à l’Ascension, l’Église nous rappelle que Jésus quitte ses disciples, mais leur confie une mission : porter la Bonne Nouvelle « jusqu’aux extrémités de la terre ». Ce mandat est universel — il concerne toutes les nations, toutes les cultures —, mais il nous met aussi face à un défi moral et pastoral : comment annoncer L’Evangile sans nuire à sa beauté ?
Le risque historique a été clair : trop souvent, la proclamation a pris un ton de supériorité ou a été liée à des intérêts politiques et colonisateurs. Ce mélange a blessé des peuples et terni le témoignage chrétien. Aujourd’hui, le Seigneur nous invite à changer d’attitude. La mission ne se réduit pas à un chiffre de conversions. Elle se réalise dans l’écoute, le respect et le service.
Heureusement, Jésus ne nous abandonne pas. Il promet l’Esprit Saint, source de force et de sagesse. Avant toute entreprise missionnaire, la prière doit guider nos pas : demander l’Esprit, reconnaître nos erreurs passées et ouvrir notre coeur aux autres. Annoncer l’Évangile demande de la cohérence entre parole et vie : solidarité avec les pauvres, engagement pour la justice et gestes de miséricorde qui parlent plus fort que les discours. Former des disciples signifie accompagner, enseigner et marcher avec les autres, pas les dominer. C’est un chemin communautaire où la diversité culturelle devient richesse plutôt qu’obstacle. Ainsi, l’Église devient signe vivant de l’amour de Dieu pour tous.
En cette fête, renouvelons notre engagement. Que notre témoignage soit humble, que notre service soit sincère, et que l’Esprit nous rende audacieux et compatissants pour que la Bonne Nouvelle trouve un accueil véritable dans tous les cœurs. Amen.
Abbé Tobias Bekong, vicaire
Secteur pastoral de Bellevue