Image-1erNovembre

En célébrant la Toussaint, l’Église nous met face à une évidence :  Dieu veut faire de nous ses enfants. La lecture de saint Jean ne parle pas d’un avenir lointain seulement, mais d’une réalité commencée : « Nous sommes dès maintenant enfants de Dieu. » Cela change notre manière de regarder notre vie. La sainteté n’est pas d’abord un exploit, mais une présence:   Dieu habite en nous et désire agir.

On croit parfois que les saints sont des gens extraordinaires, presque « anormaux ». Pourtant, la foi chrétienne propose une idée à contre-courant :  les saints sont les plus normaux. Pas parce qu’ils ressemblent à tout le monde, mais parce qu’ils sont exactement ce que Dieu a voulu. Le péché, lui, est anormal :  il n’est pas conforme à ce pour quoi nous avons été créés. La sainteté, au contraire, répare notre vocation profonde.

Cette fête nous invite aussi à comprendre une autre chose :   il n’existe pas « un Dieu pour les saints » et « un Dieu pour les autres ».  Il n’y a qu’un seul Dieu, et il est le même. Les saints n’ont pas un avantage magique ; ils ont accueilli plus pleinement la grâce.

Enfin, la Toussaint nous rassure et nous stimule. Si Dieu appelle Carlo Acutis -— un jeune de quinze ans, passionné par les jeux et l’informatique — alors Dieu peut appeler chacun de nous à la sainteté dans notre propre vie, avec nos moyens, nos circonstances et nos propres talents.

 

Rester proche de Dieu :  voilà peut-être le chemin le plus concret. À l’Eucharistie, Jésus nous attire à Lui. Et quand nous laissons Dieu habiter en nous, notre vie devient, peu à peu, celle d’un enfant de son Père.

Que Marie, Reine de tous les saints, nous aide à faire de cette promesse une réalité quotidienne.

Abbé Tobias Bekong, vicaire
Secteur pastoral de Bellevue

Image-25Octobre (2)

Aujourd’hui, la Liturgie de l’Église nous propose un Évangile qui met en scène Jésus et un pharisien.  Rappelons que ces hommes jouaient un rôle essentiel au temps de Jésus : ils animaient la vie religieuse et liturgique de leur communauté et de leur village. Parmi tous les pharisiens, nous en connaissons un qui a vécu une profonde conversion: saint Paul.

Les pharisiens étaient des hommes sincèrement préoccupés par la perfection spirituelle. Ils croyaient que cette perfection pouvait être atteinte en observant les 613 préceptes issus des saintes Écritures. Leur démarche était louable, et Jésus entretenait généralement de bonnes relations avec eux.  La scène d’aujourd’hui se déroule quelques jours avant la mise à mort de Jésus. On cherche alors, par tous les moyens, à le piéger pour trouver un motif de condamnation. On envoie donc un pharisien, spécialiste de la Loi, pour tendre un piège à Jésus : « Quel est le premier des commandements ? »  Autrement dit : « Parmi les 613 préceptes que nous devons observer, lequel est le plus grand, le plus important ? »

Dans sa réponse, Jésus ne fait mention d’aucun précepte en particulier, mais rappelle un principe présent dans de nombreuses traditions religieuses depuis des siècles. Ces commandements d’amour sont anciens, mais la manière dont Jésus les présente est nouvelle : il établit un lien direct et indissociable entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain. On ne peut aimer Dieu si l’on ignore celui qui se tient à nos côtés. Jésus place l’observance des préceptes et règlements religieux au second plan.  Saint Jean avait bien saisi son maître quand il écrira plus tard : « Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas. »  Et saint Matthieu d’écrire : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Je retiens de cet Évangile qu’aimer Dieu ne consiste pas d’abord à observer des préceptes, mais à le chercher et le reconnaître dans l’autre. Ne cherchons plus Dieu dans un ailleurs lointain : apprenons à l’aimer là où il se trouve, dans les personnes qui croiseront notre route cette semaine.

Yvan Demers, coordonnateur
Secteur pastoral de Bellevue